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Chute Libre au Maroc (Beni Mellal)
Beni Mella Parachutisme Chute libre Pilatus Profitant d'un stage organisé par l'ASAF, quatre membres du Cercle Aéro se sont initiés aux joies de la chute libre, à l'instar d'Adrien et Clémentine deux mois plus tôt. C'est au cours d'une PAC ( Progression en Chute Accompagnée ) que l'on a tous découvert la chute libre. Cela reste une grande inconnue de se jeter de l'avion qui vole à 4000 m avec rien de plus qu'une combinaison et un sac à dos. Comment appréhender ce moment ou la porte du Pilatus s'ouvre sur le vide...

Tout d'abord, il faut commencer par le commencement, et dire ce que nous sommes partis faire à Beni-Mellal. La PAC, c'est la Progression en Chute Accompagnée, qui permet ensuite de sauter seul. Elle se compose de 6 sauts avec un instructeur (deux lors du premier), qui nous apprend les positions de base de la chute libre ainsi que les gestes élémentaires permettant de sauter en toute sécurité. Ensuite, une fois "laché", on peut sauter tout seul et au bout du 15ème saut on obtient automatiquement le brevet A, qui nous permet de sauter dans n'importe quelle école agréée, sans assistance d'instructeur. Puis, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on peut obtenir les brevets B et C, au bout de 30 et 200 sauts, qui donnent encore plus de libertés dans la pratique du sport. Voilà pour la présentation sommaire des différentes phases de progression en chute libre. Passons maintenant au plus intéressant : notre aventure marocaine !!!

 

Aurélien et moi-même sommes les premiers à arriver sur les lieux, Romain et Matthieu n'ayant pu embarquer que le lendemain matin pour Casablanca. Depuis l'aéroport, il nous faut près de 3h de taxis pour rejoindre Beni-Mellal, située à 200 km environ, au sud-est, sur les contreforts des montagnes de l'Atlas marocain. Traversée de paysages verdoyants, le voyage passe plutôt vite. Nous arrivons à l'hotel où nous déposons les valises puis nous allons visiter le lieu de nos futurs exploits, à savoir l'aérodrome de Beni-Mellal, terrain militaire qui semble n'être militaire que par le nom et peut-être le seul garde de l'entrée... Ce qui est sûr, c'est que nous ne serons pas embêtés par le trafic aérien quasi nul dans la région !!!

Bien sûr avant le premier saut, qui se déroule en "solo" (dans le sens où l'on a notre propre parachute par opposition au saut en tandem), il nous faut acquérir un minimum de savoir théorique sur le matériel, les techniques de saut, les positions, le circuit à suivre lorsque nous sommes sous voile (parachute ouvert), ainsi que les procédures de secours en cas de problème d'ouverture. Cela nous prend environ une grosse demi-journée. Puis on sent l'échéance du premier saut se rapprocher lorsque les deux instructeurs qui vont nous accompagner nous briefent sur le déroulement de celui-ci. Sortie avant, prise de position, simulation d'ouverture, le premier saut est un saut de découverte, Il faut ensuite s'équiper : combinaison, casque, lunettes, radio et ... parachute, préalablement vérifié (et ce lors de chaque saut) par une personne compétente.

 

  

 Et là nous sommes appelés au micro par le responsable des sauts : "A l'avion" !!! C'est avec un sentiment étrange mêlant appréhension et excitation que nous prenons place dans le Pilatus. Comme nous ouvrons le parachute à une hauteur supérieure aux pratiquants confirmés, nous nous positionnons au fond de l'avion, pour en sortir en dernier et ne pas risquer de collisions lors de l'ouverture des parachutes. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'avion est déjà aligné sur la piste et le pilote met la poussée décolllage. Montée vers une hauteur de 4000 mètres avec un avion chargé de 10 sauteurs, cela prend donc quelques minutes, environ quinze. Quelques coups d'oeil à l'extérieur pour admirer la beauté du paysage marocain. Quelques coups d'oeil également à l'aiguille de l'altimètre qui se rapproche du 4... La pression commence à monter... 3000 mètres, tout le monde commence à se préparer : lunettes, casques, vérification des sangles du parachute, simulation du geste d'ouverture normal et de secours. On se tape dans les mains et on s'encourage pour le saut à venir... 4000 mètres... Le régime moteur de l'avion ralentit d'un seul coup : il se met en palier, le pilote donne le signal. Et là tout va très vite... La porte latérale coulissante de l'appareil s'ouvre et un vent froid s'engouffre dans la cabine. Il a beau faire 25°C au sol, à 4000 mètres, la température est plutôt proche de 5°... C'est le moment où l'on se demande quelle idée nous a pris de monter à cette hauteur pour nous lancer dans le vide... Mais il n'y a plus moyen de reculer... Car comme j'ai dit, tout va très vite. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les premiers sauteurs se sont déjà élancés et l'avion est presque vide... Les deux instructeurs se placent, à notre tour maintenant de prendre la position de départ apprise au sol. A cet instant précis, le cerveau déconnecte quelques liaisons : douleur, froid, vent relatif, ce que l'on a mangé à midi, de très nombreuses informations passent à la trappe... Une seule chose préoccupe : ce vide de 4000 mètres qui se présente 10 cm en avant de ses pieds. Mais il faut y aller ! L'avion avance et il ne faut pas sauter trop tard pour pouvoir atteindre sans problème la DZ (drop zone). On fait alors signe aux deux instructeurs que l'on est prêt, le regard vers l'horizon, une profonde inspiration et c'est parti...

 

  

EXCEPTIONNEL !!! MAGIQUE !!! Ce sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit quelques secondes après l'appréhension et la pression ressentie dans l'avion. Une fois que l'on a pris de la vitesse (environ 230 km/h), on se sent comme sur un matelas, et la position qui était tellement difficile à tenir lors de l'entrainement au sol est soudain facilitée par cet air qui pousse et glisse le long du corps et des membres. Malheureusement, le sol se rapproche et il faut ouvrir le parachute. Après 2500 mètres de chute libre pur et de plaisir intense, on tire le "hand deploy" situé sur le bas du sac et en deux secondes, on passe de 230 à 30 km/h... La décélaration est impressionnante et les cuisses s'en souviendront plusieurs jours... Une fois que la voile est ouverte, c'est un autre plaisir qui commence, celui d'une chute beaucoup plus tranquille dans un silence quasi absolu où l'on peut profiter du magnifique paysage de l'Atlas s'étalant sous nos yeux. Quelques virages pour apprivoiser le pilotage de la voile et il faut ensuite penser à la stratégie d'atterrissage. Comme en avion, on se pose face au vent et on fait le même type de circuit, avec une étape vent arrière, une étape de base, une finale, et ... un arrondi !!! A peine les deux pieds (ou les fesses...) posées sur le sol, une seule idée nous traverse l'esprit, remonter dans l'avion et ressauter !!!

 

   

Nous avons pendant ces 5 jours sauté une quinzaine de fois pour obtenir notre brevet A et pouvoir à nouveau éprouver lors des prochaines sessions le plaisir inégalable de la chute libre. Le rendez-vous est pris !!!

Thomas

PS : Vous pouvez visionner sur le site la vidéo de nos exploits, montée par Romain !

 

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