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Stage en équipe de France de Rallye Aérien

Rallye aérien Cercle AéroNotre ami David nous a transmis cet article sur un stage d'entrainement pour les championnats de Rallye Aérien qui date de deux ans maintenant mais qui reste très intéressant pour ceux qui désirent savoir comment se préparer à une évènement sportif majeur. 

Ca y est, les deux premiers stages de Rallye Aérien avec l’Equipe de France à Troyes ont été effectués le week-end de Pâques (15-16-17 avril 2006) et le week-end de l’Ascension (25-26-27 mai 2006).

15 avril 2006

Après une première nuit à Troyes, le matin, nous arrivons au terrain sur lequel il ne fait pas très beau. Nous ne connaissons pas le programme de la journée, à part la venue de France 2 et des journalistes locaux.

Nous passons en salle de briefing dans laquelle les champions de France 2005 (Philippe Odéon et Philippe Muller) vont nous faire une démonstration de leur méthode de travail entre la remise de l’enveloppe et les quinze minutes qui suivent jusqu’au décollage fictif. Assis sur 2 chaises très près, ils simulent tout ce qu’ils font jusqu’au décollage. Leur méthode est travaillé et amélioré depuis plus d’une décennie. Le Directeur Technique National (DTN, Jacques Carriquiriberry) nous indique que c’est la meilleure qui existe au monde, même les polonais (champions du monde en titre) ont besoin de plus que quinze minutes pour préparer près d’une quinzaine de points de navigation, les photos, etc…

Pour moi qui est navigateur, j’apprends à gérer les tiroirs. Ces tiroirs représentent la construction d’un point  à partir d’un autre qui n’est pas encore fait. On peut avoir jusqu’à huit tiroirs. Pour l’anecdote, lors une navigation, Julien Chérioux (mon pilote) était prêt à l’alignement quand au bout d’une douzaine de minutes, je venais de trouver le Starting Point (premier point tournant de la navigation) après avoir effectué huit tiroirs. Cela veut dire qu’il faut être prêt à cette éventualité aux Championnats du Monde.

Voici un petit exemple de la feuille qui nous permet de tracé la navigation :

  

Ensuite, les journalistes affluant, la communication de la fédération a fait un très bon boulot. Cependant, il fallait répondre aux questions et puis les emmener en vol. Avant le repas de midi, nous sommes cinq avions à partir avec des journalistes. Voyant que le DTN amène à notre avion deux charmantes jeunes femmes journalistes pour des journaux locaux, mon pilote me fait un clin d’œil et me laisse prendre notre DR400 pour leur faire faire un petit local de Troyes.

Une fois revenu de ce vol très sympathique, je vois Julien parler avec d’autres journalistes. Comme tout équipage de rallye aérien, le pilote et le navigateur forme une équipe qui ne se sépare jamais, je viens donc voir ce qu’ils lui veulent. La suite, vous pouvez le voir sur la vidéo France 2. Nous avons passé l’après midi avec France 2 pour leur reportage. Pendant ce temps, la moitié des équipages de l’équipe effectue la première navigation d’entraînement. France 2 filme une simulation de briefing, puis la préparation de la navigation dans l’avion. Une caméra est installée pour un vol d’une heure que l’on doit effectuer en simulant ce qui se passe en championnat dans l’avion. Le résultat du reportage montre que le montage des journalistes coupe des scènes importantes et que ce qu’ils montrent n’est pas du tout représentatif. En tout cas, la Fédération a réussi à promouvoir l’aviation légère par cet évènement et c’est tout ce qui compte avec les difficultés que les aéroclubs peuvent rencontrer de nos jours.

Le soir, nous faisons un petit bilan de la journée : pas beaucoup d’entraînement.

  

Dimanche 16 avril 2006

Tandis que le reportage passe à la télévision, Julien et moi sommes en plein dans la première navigation d’entraînement. J’ai eu quinze points de navigation à préparer (croisements de route en X, en Y, en T, chapelles, ruines, etc…). Après le premier point de navigation « Starting Point », nous avons encore cinq nautiques avant que commence l’identification des photos à voir sur le parcours (hors photos des points tournants). J’ai pu finir de préparer toute la navigation et enchaîner sur les photos. A part le Point 1, Julien passe par tous les points en ajustant la vitesse pour passer à quelques secondes de chacun des points. De plus, le travail en équipage à bord est plus intense à chaque point tournant car il faut voir si la photo qu’on nous donne correspond ou non au point tournant, le pilote doit ajuster le temps de passage, le navigateur doit annoncer le prochain cap et regarder d’éventuelles photos, un nautique après le point tournant. En effet, les pièges sont toujours dans les zones où le travail à bord est plus intense. On a aussi un cheminement le long d’un canal, un arc de cercle et une enveloppe surprise qui permet de tracer deux ou trois autres points de navigation. Deux enveloppes sont proposées, le choix d’une d’entre elle dépend d’une identification correcte d’une photo de point tournant. A la fin de la navigation, on voit en gros une dizaine de photos sur les vingt à trouver, ce n’est pas facile les photos du niveau du championnat du monde.

Enfin, après tout ce petit jeu, nous débriefons avec la trace de « l’Air Observer » qui enregistre notre position chaque seconde. On peut voir les améliorations pour passer à la seconde, les pièges que l’on peut nous tendre sur la position des photos et les points de règlement avec lesquels il faut jouer pour ne pas être pendant deux heures submergés par le travail à bord.


Lundi 17 avril 2006

Le matin, dès 9h, nous recevons l’enveloppe de la deuxième navigation d’entraînement. Même fin de préparation que la veille, c’est à dire que j’arrive à la finir avant que ne commence la reconnaissance des photos sur le parcours. Il y a eu aussi quinze points à préparer. Pour cet entraînement, Michel Frère (pilote de Rallye Aérien avec un bon palmarès dont celui d’être troisième aux Championnats d’Europe en Slovaquie en 2005) est en vol derrière nous pour noter tous les points positifs et négatifs, il ne dit rien pendant les deux heures de navigation, comme un examinateur en vol. Malgré ce stress derrière nous, nous arrivons à voir quinze photos sur les vingt. Lorsqu’on débriefe, Julien s’aperçoit que ses temps de passage sont nettement améliorés. La morale est qu’avec un stress modéré, la performance augmente.

Cependant, il n’y a pas de quoi crier victoire, car nous avons pleins de points à corriger. Le maître mot est la coordination entre le pilote et le navigateur. Le navigateur doit toujours considérer que le pilote est sur le trait, si ce n’est pas le cas, le navigateur ne doit plus regarder les photos, mais continuer à les mémoriser ou à tracer les quelques points tournants de l’enveloppe surprise. Le navigateur doit aider le pilote en arrivant sur les points tournants pour l’identification et pour voir s’il n’y a pas d’autres photos. Bien entendu, toute cette méthode de travail servira pour des championnats du niveau international car il faut avoir le maximum de ressources disponibles pour l’imprévu (plusieurs photos à la suite qu’on appelle effet KisKool, etc…).

 

En conclusion, même si la méthode de travail en équipage est minutée pour des championnats internationaux, elle n’est pas si éloigné d’un vol tout à fait normal entre un point A et un point B de notre aviation légère. En effet, une bonne organisation et une bonne préparation de navigation laisse plus de ressources pour les imprévus (déroutement, prise de décision, etc…).

Ce stage se termine sur ces deux navigations qui nous montrent le niveau attendu. C’est un petit jeu assez passionnant, on peut se rendre compte de nos limites, voire même les repousser. Ces navigations nous permettent d’être plus à l’aise en vol normal, de nous laisser le temps au cas où il faut prendre des décisions de déroutement ou autre.

  

25 mai 2006

Il pleut, il pleut , il pleut. Pas de navigation pour ce premier jour de ce deuxième stage d’entraînement de l’Equipe De France. En revanche, pendant que mon pilote aura quelques séances d’entraînement d’atterrissage de précision à faire, j’ai un mon boulot de navigateur de mon côté.

En effet, les navigateurs sont restés au sol pour visionner une vidéo de navigation enregistrée quelques semaines auparavant. Cette vidéo nous resituent comme si nous étions en avion avec vingt photos, sauf qu’on est devant un écran de PC sur une table. Etant donné le calme qu’il peut régner, on se doit de trouver les vingt photos. Alors la journée fût très instructif car on a bossé à reconnaître des détails, une habitude pour voir les photos que l’on doit identifier sur le parcours. On a enchaîné les séances de vidéo différentes avec des photos différentes.

Pendant ce temps, nos pilotes font des tours de piste pour se poser correctement au bon endroit sur ce qu’on appelle le Porte-Avion (rectangle de 10 m de large et de 32 m de long dont une bande de 2 m sur laquelle il doit se poser).

Du coup, même si la météo était mauvaise, nous avons pu travailler chacun notre spécialité, mais les équipages ne peuvent se être séparer si longtemps, nous nous réunissons très vite pour s’informer de ce qu’on appris chacun. Cette symbiose est finalement très importante car nous voyons que la complémentarité de chacun peut nous faire gagner du temps en vol de championnat.

 

26 mai 2006

La météo nous laisse entrevoir un rayon de soleil. Ceci permet à Jean Claude Roussel (le président de la fédération) et à Claude Penot (ex-président de la fédé) de venir nous encourager pour les prochains championnats. Cette petite éclaircie nous permet alors de partir en navigation qui fût tout aussi dur que les précédentes. En effet, les points tournants n’étaient pas très facile à voir ; les croisements de route sont cachés par des arbres, des bosquets et des forêts.

A la fin de cette navigation, on est plutôt satisfait malgré une erreur de Julien sur un point tournant que l’on voit très bien, amis qu’il évite sans faire exprès car il voulait perdre du temps pour jouer le chrono. Le résultat est qu’on loupe le passage de ce qu’on appelle la porte (0,25 NM de part et d’autres du point central). Mais cela nous donne des leçons.

Au retour des équipages de l’équipe, une surprise nous attend : Xavier Delaparent avec son Sukkoï pour 30 minutes d’entraînement au dessus de l’aéroport en stationnaire… Et oui, ce qu’il fait avec son avion défie les lois de la physique, de l’aérodynamisme et de la voltige. Il sera aux Championnat à Troyes pour quelques animations de ce genre de temps en temps. Si un jour, vous avez le privilège de voir Xavier et son Sukkoï en meeting, le monde ne tournera plus autour de vous et mettez vous à la place du pilote, vous ne verrez plus la manière de piloter de la même manière, surtout en ce qui concerne les vols stationnaire en avion…

 

Ce deuxième stage ne nous a pas permis de beaucoup voler, mais nous avons quand même pu souder l‘équipe et notre méthode de travail au sein de l’équipage.

 

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