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Tour ULM 2007

Avec ce projet le Cercle Aéro a voulu poursuivre son engagement auprès des personnes handicapés dans le secteur de l'aéronautique. Rodolphe, atteint de surdité, a ainsi pu participer avec Florent, pilote valide, au Tour de France ULM 2007. Un très belle aventure humaine et sportive s'est développée sur le parcours.

Rodolphe avait déjà participé au projet Atl'Handic avec le Cercle Aéro en 2004. Cette aventure lui avait donné encore plus de motivation pour poursuivre sa passion sans limite pour l'aéronautique malgré son handicap.

Voici le récit du Tour ULM 2007. 



Vendredi 3 Août
En vacances à Athènes, en Grèce, j'ai directement pris l'avion pour Paris CDG et ensuite le TGV pour Dijon, où Thibault m'attendait pour les dernières préparations du Tour ULM 2007. Ce Tour, on l'avait préparé depuis plusieurs mois déjà - essentiellement par internet - et grâce aux soutiens que nous avons reçu, nous allions enfin pouvoir le faire !
 
Au tour du Tour ULM

 Carte du Tour de France ULM 2007

Organisé chaque année par la Fédération Française de Planeur Ultra-léger Motorisé (FFPLUM), le Tour de France ULM s’inscrit dans une politique qui vise à encourager la pratique de l’ULM et de la compétition.
Le Tour ULM 2007 est un événement qui engagera pas moins de 130 aéronefs et qui attirera des foules durant les étapes, ce qui correspond idéalement aux souhaits de la fédération de promouvoir cette activité aéronautique auprès d’un public toujours plus large.

 
Samedi 4 Août
Véronique, la gentille secrétaire de l'Aéro-club de la Côte d'Or, est passée nous prendre en ville le matin pour nous emmener à l'aérodrome de Dijon-Darois LFGI.
 
Préparation de la machine : autocollants, trousse à outils, gilets de sauvetage, bagages personnels... Finalement on s'est retrouvés avec un centrage arrière. On a dû placer quelques bagages à l'avant mais le réservoir d'essence du MCR étant justement situé à l'avant, je savais qu'on allait tout de même arriver à Nancy Essey LFSN avec un centrage arrière... ce qui fut le cas. Rien d'insurmontable : le MCR répondait toujours aussi bien ! Brave machine !
En arrivant à Nancy vers midi, la piste 03 était presque face à nous... Normal : c'est notre cap depuis Darois ! J'ai alors demandé à Thibault de contacter l'AFIS pour savoir s'il serait possible d'atterrir directement plutôt qu'entamer un TDP : pas de problème !
Vu du ciel, Nancy Essey n'était plus le même aérodrome que celui que je connaissais du temps où je volais à l'Aéroclub de l'Est : le tarmac était complètement recouvert d'ULM colorés tous différents les uns des autres !
Habituellement restreint aux ULM, cela faisait plaisir de voir un aérodrome s'ouvrir à un autre monde d'oiseaux volants.
Pas de temps à perdre : une fois garé au parking, il a fallu rejoindre une interminable file d'attente pour présenter / remplir / signer des papiers auprès de l'organisation du Tour, installée dans le hangar, puis prendre nos badges, nos gilets verts (compétiteurs), les autocollants pour la machine (un numéro de machine et un rond jaune pour la compétition : nous étions le numéro 204), le catalogue de cartes VAC, les tickets essence, les tickets repas...
Vinrent ensuite l'interview avec le journal l'Est Républicain à 16h puis le briefing destiné aux vols adaptés à 17h.
Et ce n'était pas tout : il fallait encore aller faire le plein, planter la tente, nettoyer et ranger le MCR... Faute de voiture et de mallette métallique, nous avons pu recycler un gros carton pour y entreposer nos affaires dans le camion du Tour qui transportait les mallettes des participants. Heureusement, car il n'était pas question de voler pendant 1 semaine avec un ULM surchargé ou centré arrière !
Premier briefing le soir : présentation de l'organisation, présentation de la journée de demain (météo, base aérienne de
Luxeuil...)
La journée s'est conclue par un dîner avec l'organisation et les participants "vols adaptés" ce qui nous a permis de lier amitié avec des pilotes handicapés moteur. Quel plaisir ! J'ai tout de suite senti que ce Tour ULM sera riche en échanges humains et c'était justement une des raisons pour lesquelles je voulais le faire : le Tour ULM est complètement différent des petits voyages dans le cadre Aéro-club.
A partir de ce premier jour, Thibault allait jouer un rôle important dans ce Tour ULM : celui de commandant de bord - l'organisation ayant exigé que le CDB soit titulaire de la qualification radio - mais aussi celui d'équipier assurant la radio et de preneur de notes aux briefings.
 
Dimanche 5 Août
Debout à 6h, toilette à 6h30 (le camion sanitaires fermait à 7h30 et il y avait un monde fou), petit-déjeuner à 7h30, dépôt des bagages à 8h, briefing général à 8h30 et briefing compétition à 9h.
Météo CAVOK, trajet prévu : LFSN Nancy Essey - BA116 de Luxeuil LFSX (pause déjeuner) - LFGZ Nuits-St-Georges N'ayant jamais participé aux compétitions, nous avons toutefois pu comprendre aisément le but de ces deux premières épreuves : suivre précisément une route à l'aide d'une carte routière le matin et effectuer une précision d'atterrissage dans l'après-midi.
Après avoir suivi un cheminement précis pour la compétition, nous nous sommes dirigés vers la BA116. Depuis Nancy, nous avons dû passer par Lunéville et éviter les percées ILS et DropZones (Épinal, Azelot...).
 

(Photo : Réveil matinal de GolfDelta sur l'aérodrome de Nancy Essey) / (Photo : Briefing de Dominique Méreuze, Président de la FFPLUM) / (Photo : LFSN Nancy Essey)

Ce jour-là, suite aux consignes données par les militaires, nous n'avons malheureusement pas eu le droit de prendre des photos de notre approche à la BA116 de Luxeuil.
Thibault s'est chargé à merveille de la procédure radio : écouter la fréquence 10 minutes avant l'estimée terrain (Fougerolles de mémoire), entamer un premier contact au point de report (une carrière au nord de la piste) et finalement s'annoncer en vent arrière, étape de base et finale pour la 11.
Le début de la piste comportait des barrières d'arrêt pour Mirage auxquelles il fallait faire attention et prendre soin de toucher juste derrière : après il fallait soit freiner rapidement pour prendre la première bretelle de dégagement à 250m, soit prendre la deuxième à 600m. Nous avons pu prendre la première.
Nous avons également pris le soin de ne pas survoler Dams, interdit de survol car contenant un dépôt d'armes.
Nous nous étions garés sur la deuxième piste : elle était complètement recouverte d'ULM garés sur les côtés sur toute sa longueur !
Impressionnant !
Pause déjeuner, remise des GPS aux responsables compétition (mais suite à une petite panne en vol, j'ai dû leur donner le fichier de mon GPS), briefing et c'était reparti pour Nuits St-Georges !
Le roulage fut long... très long... tel une interminable file d'attente d'ULM sur la taxiway longue de 1000m ! Nous aurions dû partir premier ou dernier !
Pendant le roulage, nous avons constaté un blocage du frein de la roue droite mais après avoir garé le MCR sur le côté et retiré les bouts de végétaux coincés dans le ressort du frein droit, tout est redevenu normal et nous avons pu décoller piste 11 après avoir reçu le top habituel de Jack Krine, le directeur des vols stationné en bout de piste.
Direction LF2122 Chaume et Courchamp pour l'épreuve de précision d'atterrissage : par vent dans le dos, cela a été plus difficile que prévu... mais nous nous en sommes tirés avec 50 points !
 
 

(Photo : Précision d'atterrissage à LF2122 Chaume et Courchamp) / (Photo : LFGZ Nuits St-Georges)

 

Redécollage pour Nuits St-Georges LFGZ mais avec escale de 5 minutes à Dijon Darois LFGI pour récupérer un bagage que Thibault a dû laisser au club par manque de place.

Arrivés à Nuits St-Georges, nous avons fait le plein, rencontré un journaliste, effectué un briefing, préparé la journée de demain... La routine après-vols allait devenir la même et ce pendant tout le Tour ULM 2007.

 
Lundi 6 Août
CAVOK ! Après un lever bien matinal vers 5h30 et un briefing à 7h30, Nous décollons tôt, à 8h30, de Nuits St-Georges LFGZ pour Moulins LFHY : durant l'approche la météo ne fut pas terrible avec un plafond bas et de la flotte passagère de temps à autre.

 

 

A l'arrivée à Moulins par le Nord-Est, dès la verticale à 2500' les ULM étaient tellement pressés d'atterrir que c'était presque le bordel en tour de piste à 1900' QNH sans parler de la finale o des ULM sont venus couper... Avec un très fort vent de travers, nous avions à peine touché qu'il a commencé à pleuvoir ! Résultat : après que les derniers ULM aient touché la piste longue de tout le monde est resté au sol et le directeur des vols, Jack Krine, est allé faire plusieurs vols de reconnaissance vers la destination finale prévue, Montluçon Domérat LFLT. 

 

L'attente fut longue... très longue ! Entretemps, des pilotes se sont endormis dans le hall de l'aérodrome !

En fin d'après-midi, après le feu vert donné par le directeur des vols, nous avons enfin pu décoller pour Montluçon Domérat où nous avons été accueillis par quelques centaines de spectateurs derrière les barrières. Étant arrivé en premier, nous avons presque eu droit à une place "exposition" tout près des barrières où notre MCR fut très remarqué.

 

(Photo : Montluçon Domérat LFLT)

En fin de journée, nous avons eu le débriefing et le dîner habituel.

 

 
Mardi 7 Août

La mer nous attend ! Destination LFDN Rochefort St-Agnant via LF2461 Galinat Tamnies les Eyzies.

Lever matinal habituel pour GolfDelta et toilette pour son équipage au camion sanitaires. Compte tenu du grand nombre de curieux qui viennent admirer le beau GolfDelta, nous avons pris soin de rendre visible nos partenaires à travers la verrière. Nous avons eu droit à un chaleureux accueil, comme toujours, de la part des locaux, comme à chaque départ et arrivée sur un aérodrome. 

 

Ce jour-là, nous avions une compétition de précision de navigation, que nous avons dû abandonner dès le début pour cause de mauvais temps au-dessus de la Creuse.
Nous avions été prévenus au briefing que l'approche sur l'aérodrome de Galinat - 655ft d'altitude - allait être délicate avec une piste de 300m et 9%. Ce fut le cas : après une verticale à 2000' et un tour de piste à 1500', avec le relief l'angle d'approche étant trompeur alors on a dû faire une remise de gaz avant de pouvoir se poser sur la 16. 

Il faut dire que c'est une plate-forme un peu difficile : bien que 90% des atterrissages étaient super, les autres ont failli foirer... et un accident est même survenu (pas de blessé mais machine cassés). D'ailleurs quelques-uns, ne pouvant atterrir en sécurité, sont repartis se poser sur un des aérodromes voisins.

Si toutefois on avait l'impression d'aller un peu trop vite, on savait que la piste en montée nous freinerait, donc tout s'est bien passé. Après un plein, un briefing et un déjeuner sur place, nous avons pu décoller de la 34 de Galinat pour Rochefort, toujours sous le regard passionné des spectateurs. Après une petite croisière rapide, la mer était enfin en vue et le paysage était tellement superbe que même la mascotte passait son temps à l'admirer !

 

Nous avons même eu droit à un superbe point de contact - la citadelle de Brouage à 1500' - avant d'approcher Rochefort pour se poser en longue finale pour la 31 à l'aide du PAPI.

Le camion citerne n'étant pas encore arrivé à Rochefort, nous ne pourrions faire le plein que le lendemain à 9h.

Après un court débriefing et un dîner dans le hangar, nous décidons de préparer notre journée de demain qui allait être une "journée de repos".

Evidemment, nous trouvant à quelques centaines de km de notre aérodrome de base, comme beaucoup de pilotes, nous n'allions pas nous reposer pour autant et en profiter pour se promener d'autant plus que la journée s'annoncait ensoleillée !

 
Mercredi 8 Août

Mon équipier n'étant pas chaud pour un quelconque survol maritime et pour éviter d'éventuels désaccords, comme nous n'étions plus sous la responsabilité de l'organisation du Tour, on a décidé que je prendrai les responsabilités de commandant de bord pour aller à l'Ile d'Yeu LFEY avec une petite escale à Saint-Pierre d'Oléron LFDP pour rendre visite à un ami sourd de Nancy alors en vacances.

Après s'être levés à 7h pour prendre le petit déjeuner et préparer la journée (essence, météo, NAV...), nous avons pu décoller en fin de matinée de la 31 de Rochefort, où l'on pouvait encore voir au décollage des dizaines d'ULM restés au parking. Nous sommes arrivés à Saint-Pierre d'Oléron après à peine 10 minutes de vol via Fort Boyard. Après un petit tour en voiture et un déjeuner au camping avec mon ami, je l'ai remercié en l'emmenant en baptême de l'air au-dessus de Fort Boyard, à quelques minutes de l'aérodrome.

Après un au revoir à mon ami et sa famille, nous avons décollé pour l'Ile d'Yeu. Pour rejoindre l'Ile d'Yeu en ligne droite avec le GPS depuis Saint-Pierre d'Oléron et éviter de se retrouver en survol maritime, nous sommes montés à environ 6000' QNH afin de pouvoir rester à la distance de plané des côtes qui se trouvaient à quelques kilomètres de là.

 (Photo : Ile de Ré) / (Photo : LFEY Ile d'Yeu le Grand Phare)

A environ 70km avant la destination, compte tenu de l'altitude et de la très bonne visibilité, nous avons commencé à apercevoir l'Ile d'Yeu. Il était malheureusement difficile de pouvoir faire une photo nette à cause de la verrière et de la brume lointaine. Durant l'approche, après contact avec l'AFIS, nous commençons à descendre pour rejoindre notre point de contact au sud de l'Ile, avant d'effectuer notre approche pour la 33 tout en évitant les côtes.

Comme c'était une journée particulièrement magnifique - sans la pression du Tour - nous avons pu en profiter pour faire de belles photos !

Après être restés quelques heures sur l'Ile, nous avons préparé notre vol vers Rochefort en ligne droite via Fort Boyard. Afin de pouvoir survoler à un peu plus de 500' quelques bateaux et notamment Fort Boyard via l'Ile de Ré, j'ai déposé un plan de vol puisque nous avions 2 gilets de sauvetage à bord.

Nous avons effectué la croisière à 240km/h avec le vent dans le dos et à 1500' QNH en survol maritime jusqu'à Fort Boyard. Thibault s'est chargé à merveille de la radio pour le suivi du plan de vol.

Après une petite visite de Fort Boyard à un peu plus de 500 pieds QNH, nous sommes rentrés à Rochefort.

Grâce au beau temps, cette journée de repos fut très mémorable !

Après un dîner, nous avons - comme d'habitude - briefé la journée de demain dans le hangar.

 
Jeudi 9 Août

Après un début de matinée habituel (réveil tôt, sanitaires, toilette, démontage tente, camion bagages, petit déjeuner, briefing général, briefing compétition...) nous décollons de Rochefort pour LF4451 Frossay par une météo toujours aussi CAVOK et toujours sous le regard attentionné des spectateurs qui remarquent notre mascotte.

(Photo : Jack Krine, le directeur des vols, donne le top départ) /  (Photo : LF4451 Frossay)

Pour la compétition du jour, nous avons dû chercher en vol les 3 photos qu'on nous avait données... pas facile ! Après une escale déjeuner et un court briefing compétition, nous décollons de Frossay pour aller effectuer la 2ème partie - la précision d'atterrissage - à Châteaubriand LFTQ.

Dans le mille : nous avons obtenu le maximum de points possible ! Avant de repartir de Châteaubriand, nous avons fait visiter le MCR à quelques curieux avant de briefer le vol en patrouille que nous allions effectuer avec le SkyRanger d'un pilote handicapé moteur et son instructeur. Superbe journée !

 

 
Vendredi 10 Août

Après une matinée habituelle, nous avons appris au briefing que la compétition du jour allait être particulièrement amusante : parmi tous les châteaux de la région indiqués sur la carte, nous devions trouver où se trouvaient 10 photos de châteaux de propriétaires... Pas facile mais quel bonheur à admirer !

Après une longue queue au Mans, nous avons pu décoller en passant à côté du circuit des 24 heures.

 (Photo : Circuit des 24 heures) / (Photo : LF2829 Voves Viabon)

L'équipage étant trop occupé par la compétition, nous n'avons malheureusement pas pu faire de photos de châteaux sur la route.

A l'arrivée à Voves Viabon LF2829, la météo s'était entretemps dégradée en route et la visibilité était devenue moins bonne. Par crainte que les conditions météo se dégradent, la pause déjeuner fut courte puisque le directeur des vols nous donna le top départ à destination de la Ferté Gaucher LFFG après un court briefing dans le hangar.

L'approche à la Ferté Gaucher LFFG était marquée par le survol de régions denses et une mauvaise visibilité. En arrivant, j'ai pu reconnaître la zone de posé circulaire de l'ancien centre de parachutisme qui n'existe plus aujourd'hui pour cause de tracasseries administratives.

(Photo : La Ferté Gaucher LFFG)

Comme c'était l'avant-dernière soirée que nous passions avec l'organisation du Tour, elle a été un peu spéciale avec des remises de prix anticipées.

 
Samedi 11 Août

Les mines grises commençaient à se faire sentir... Puisque c'est la dernière journée de vols. Nous allions bientôt rentrer à la maison...

De plus, la météo n'étant pas très bonne, mon équipier n'était pas chaud pour que j'effectue la précision d'atterrissage. Nous sommes donc rentrés en ligne droite à LFSN. 

(Photo : Club où j'ai fait mes premiers pas dans l'aéronautique)

La journée s'est terminée par une soirée spéciale où Thibault s'est vu remettre des prix par l'organisation du Tour pour sa participation et son courage. 

Un socle "Tour ULM 2007" a également été distribué à chaque équipage : d'un commun accord, nous l'avons fièrement remis à l'Aéroclub de la Côte d'Or, que nous remercions chaleureusement pour nous avoir fait confiance en nous confiant une belle machine.

Nous remercions également la FFPLUM pour son soutien, nos sponsors Vario Editions, Volez! et Revue Icare pour la confiance qu'ils nous ont accordée et tous les autres pour nous avoir encouragés dans notre projet.

 
Rodolphe Garcimore

 

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